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L'Ile d'Yeu, d'yeux que pour elle

  • 9 sept. 2023
  • 3 min de lecture
L’Ile d’Yeu c’est mon île Peter Pan, celle où je rencontre mon âme d’enfant. Je t’en ai déjà parlé de cette île, de l’attraction qu’elle exerce, de sa nature libre et sauvage, de son caractère bien entendu insulaire. Mais t’ai-je dit ? T’ai-je raconté ? Les détails la ponctuant et créant au creux du moi cet amour abyssal que j’éprouve à son égard ?


L'Ile d'Yeu, Un Piaf sur la Branche
Le Vieux Château, L'Ile d'Yeu

L'Ile d'Yeu, Un Piaf sur la Branche
Rideaux traditionnels,Ile d'Yeu

L’air marin balaie sont port désormais de plaisance plus que de pêche. Les capitaines ont trouvé de solides rafiots en leur repères à l’Abri des Coups de Mer ou au Bon Accueil. Les bleus sont à l’Ile d’Yeu ce que le noir était à Soulage : nuancés, pluriels, profonds, palpables, grâce à la lumière qui l’épouse. L’outrebleu ou la déclinaison d’un océan léchant les côtes sauvage et dunaire caractéristiques de ce territoire.



L'Ile d'Yeu, Un Piaf sur la Branche
Port-Joinville, Ile d'Yeu

Les maisons blanches se déploient au bord des sentiers où le sable s’est échoué et où les aiguilles de pins dégagent leur parfum singulier. Les bicyclettes s’enfilent des kilomètres jusqu’à ce que les embruns les grignotent, la sonnette est rouillée, les chaînes capricieuses mais peu importe !

Il y a toujours la marchande de glace aux Vieilles ou aux Sabias, d’ailleurs, le Tropicana a une saveur singulière ici, régressif, acidulé et doux à la fois…Les cabanons se succèdent, leur toit font des vagues, leurs fenêtres s’ouvrent sur l’immensité.



L'Ile d'Yeu, Un Piaf sur la Branche
Plage des Sabias, Ile d'Yeu

L'Ile d'Yeu, Un Piaf sur la Branche
Sur les sentiers côtiers, Ile d'Yeu

Le vieil homme n’a pas bougé de place, il observe, le dos voûté, solidement appuyé sur sa canne, les va-et-vient de ceux qui se sont arrêtés sur cette île pour un temps ou pour longtemps. Chez Martin fait le plein, on y mange les moules frites façon Grand-Mère en terminant par une crêpe flambée au rhum s’il vous plait. Bien sûr il y a les « petits nouveaux », qui vivent à l’été leurs premiers émois, comme si toute leur vie en dépendait, et puis il y a moi qui les observe, émue, me rappelant ces histoires que je me racontait, mes fleurettes dispersées.



L'Ile d'Yeu, Un Piaf sur la Branche
Dans les ruelles menant à Port-Joinville, vue sur le Phare des Mariés, Ile d'Yeu

Cette île est, depuis toujours, le fief de nos rendez-vous familiaux. En juillet, nous prenons la route pour Fromentine et cela depuis plus de 50 ans ! Ici nous embarquons pour, ce que je considère être notre paradis. Port-Joinville se dessine, là mon regard se pose sur cette succession de petites bâtisses aux toits de tuiles orange. Les volets alternent couleurs pastels et couleurs vives, bleu céladon, orange tonique, jaune pâle. L’agitation se fait plus grande, le marché s’installe. Les étales débordent de poisson frais, de melon charentais, de pain chaud à la mie dense et grise, au bon goût de levain.



L'Ile d'Yeu, Un Piaf sur la Branche
Port-Joinville, Ile d'Yeu


L'Ile d'Yeu, Un Piaf sur la Branche
Port de la Meule, Ile d'Yeu


Nous nous engageons alors, dans un concerto de sonnettes, sur la route menant à la Maison des Sabias.

C’est une bicoque de pêcheur, peu de commodités, une grande pièce principale habillée d’une cheminée qui ne fonctionne plus depuis des lustres, deux lits aux matelas bien trop mous, un couloir en guise de cuisine, et les sanitaires. A vrai dire son luxe réside dans le fait d’être quasiment seule face à la mer. Aucune terrasse pour ourler sa façade, seulement un salon de jardin en plastique et les pieds dans le sable.


Je me souviens encore du parfum des aiguilles des pins s’offrant en voile d’ombrage. Sur la table, quelques cacahuètes, des chips et le bruit des glaçons. La bande son, était un mélange subtil de vagues s’écrasant sur les roches alentours et d’un brouhaha sourd et lointain, montant de la plage où les enfants organisaient des concours de plongeon dans « les piscines » d’eau.


Mes grands-parents nous proposaient toujours de rester pour déjeuner, et très souvent je sautais dans la vieille méhari pour accompagner mon grand-père à Saint-Sauveur. Là nous achetions une tarte aux pruneaux de chez Mousnier.

Cela peut paraître idiot, mais je crois encore qu’une autre définition du bonheur est ici, dans cette simplicité, dans ce rituel, dans cette joie d’attendre les autres pour l’ivresse des vacances.


J’entends déjà la sirène du départ, Insula Oya II prend sa retraite, pincement au cœur, cœur grenadine.

Le seul défaut de cette île est d’en partir. Tu sais tout mon Oiseau, ou presque…



L'Ile d'Yeu, Un Piaf sur la Branche
Paniers de crustacés, L'Ile d'Yeu, Un Piaf sur la Branche



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